Add to Collection
About

About

L'eau représente pour moi un élément essentiel de la vie, tellement essentiel qu'il s'en dégage une multitude de symboliques. Elle m'évoque la pu… Read More
L'eau représente pour moi un élément essentiel de la vie, tellement essentiel qu'il s'en dégage une multitude de symboliques. Elle m'évoque la pureté, la simplicité, la perfection du corps mais aussi le rôle sacré que lui attribue les religions. J'ai voulu rassembler ces deux idées dans cette photographie de nu. Je voulais qu'on ressente le côté organique, qu'on imagine le contact entre la peau et l'eau. Le lien entre la femme et l'eau devait prendre toute la place et j'ai donc décidé de ne montrer que ce corps flottant, sans autre éléments de nature. L'eau et la femme sont donc intimement liés dans ma photographie. En effet, la femme voit grandir en elle l'enfant, innocent et pur qui trouve la force de commencer à vivre dans le liquide amniotique. Et comme dans le ventre de la mère, le corps perd sa pesanteur lorsqu'il rejoint l'eau libératrice nous délivrant du poids qui nous raccroche au sol. La femme qui repose dans cette matiére opaque retrouve la quiétude des premiers instants exempt de contrainte. Elle est légère comme une particule de lumière. L'illumination qu'elle reçoit émane d'elle-même mais lui est en même temps transmise directement de Dieu. Cette femme est une métaphore de la Sainte Vierge. Mais, pourtant, elle est pécheresse puisque réelle et donc déchue du paradis. Elle doit enfanter dans la douleur pour être, sa vie durant, punie de sa perfidie. Cette punition est traduit par sa posture, telle celle de son fils lors de sa crucifixion. Je l'ai représenté dans le cercle sans fin du péché qu'est celui de créer la vie. La plus belle des choses prend couleur de monstruosité selon la religion car la femme n'est pas Marie, n'est qu'humaine et porte le poids de l'origine du monde sur ses épaules. Cette image exprime ce paradoxe. La femme y semble sereine, libérée du poids de la vie par l'action du liquide sur son corps mais, dans la position du Christ, elle est punie de sa nature. Est-elle enfant pure ou mère pécheresse ? Est-elle en vie ou déjà de l'autre côté ? Est-elle alors dans l'eau tel qu'on le pense ou en train de flotter dans les limbes ? Par le choix d'une image épurée, au rendu pictural, je cherche la perfection des peintures moderne de la renaissance d’où ce titre à double sens de l'image. j'ai voulu faire une critique de ce que la morale judéo-chrétienne, nous impose. La proscription du plaisir et de la différence nous pousse à croire que nous péchons à chaque instant. Ainsi, la femme particulièrement, dès son enfance grandit dans l'idée que son plaisir, notamment sexuel, est mauvais et n'est pas un droit. J'ai choisi une modèle rousse car, à une certaine époque les rousses étaient considérées comme des sorcières, des tentatrices, les filles du mal. Ainsi en transposant l'image de la Sainte Vierge dans le corps d'une rousse je laisse insinuer que Marie, comme toutes les femmes a cette part d'humanité et donc d'imperfection en elle et surtout que toutes les femmes ont le droit d'être libérée du poids du péché originel. Read Less
Published: