Mémoire
2007
195
8
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Mémoire DNSEP
Published:
Mémoire DNSEP
Edition (2013)
150 x 210 mm
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Mémoire pensé en deux formats. Les images qui correspondent aux références citées sont d’un format plus grand et viennent s’insérer dans la structure globale du livre.
La jaquette a été créée à partir d'une affiche récupérée dans la rue. Elle a été ensuite découpée afin de réaliser une jaquette unique pour les 11 exemplaires.
Images et signes dans l'espace public.
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Ces recherches prennent appui sur le roman L’Orange mécanique d’Anthony Burgess écrit en 1962. Le livre a connu une adaptation cinématographique de Stanley Kubrick en 1971.
Ce mémoire s'intéresse plus particulièrement à l’expérience de la méthode « Ludovico » qui intervient au centre du roman. C'est un traitement curatif qui a pour but de soigner la violence par la violence. Il s’agit de projeter au patient une série ininterrompue d’images et de films violents. Au cours de ces séances, des substances sont injectées au malade pour lui provoquer des nausées. Ainsi, il associe ses nausées non pas aux injections administrées mais aux images violentes qui lui sont projetées. Ce traitement s’appuie sur une technique datant du XIXe siècle : le conditionnement pavlovien.
Ivan Pavlov, médecin et physiologiste russe, est connu pour ses expériences sur le chien. Il démontra que la sécrétion de la salive chez un chien pouvait être provoquée si on l’habituait à associer la nourriture à un stimulus sonore. L’utilisation d’une sonnette pouvait alors faire naître l’image mentale de la nourriture. Dans le cas du traitement Ludovico, en associant dans l’esprit du patient la violence à une souffrance physique qu’il ressent, il devient ainsi incapable de faire le mal.
Après avoir été incarcéré en prison pendant deux ans, Alex, le protagoniste de L’Orange mécanique est envoyé dans un établissement pour subir ce traitement. Celui-ci est encore au stade expérimental et c’est la première personne à tester son efficacité. Durant la projection, le personnage est mis à mal : ligoté et les yeux maintenus ouvert par des écarteurs, il n’a pas d’autre choix que de regarder des images toujours plus atroces. Ce traitement peut être vu comme une critique de la culture de masse et la rend responsable du conditionnement des consciences.
La méthode Ludovico met l’accent sur ce que nous n’aimons pas voir pour nous l’imposer et ainsi parvenir à nous en dégouter. La publicité utilise ce principe mais dans l’autre sens. Dans l’espace public, nous sommes matraqués d’images pour éviter de passer à coté de telle ou telle chose ou de l’oublier. C’est un rappel incessant et continu pour stimuler nos esprits et créer des besoins.
Quand on traverse une rue, on ne demande pas à voir toutes ces images. Elles nous sont imposées. En dehors des messages qui sont diffusées dans l’espace public, c’est également des agressions de couleurs et de lumières.
C’est avec la mise au point progressive des techniques d’imprimerie à faible coût, relayée par le développement de la photographie, que les murs devinrent au cours des XIXe et XXe siècles autant des lieux de lecture que des espaces de spectacle.