Kairos, le temps à saisir !

Kairos, le temps à saisir !

« En toute chose, il est préférable de saisir le bon moment »

Dieu grec du temps et de l'instant, souvent représenté sous forme d'un éphèbe aux talons et aux épaules ailés Kairos est un jeune homme ayant une épaisse touffe de cheveux à l'avant ; il s'agissait de le "saisir par les cheveux" lorsqu'il passait...toujours trop vite.
On distingue sur son visage des gouttes de transpiration, symbole du réchauffement climatique et de l’effort demandé pour produire du temps supplémentaire. Nantes n’est plus qu’un îlot à cause de la montée des eaux, vision catastrophique ou réaliste pour certains pays comme le Bangladesh en proie à une disparition prochaine.
Dans cette fresque le temps est personnifié par Kairos et ses cheveux à attraper, les feuilles s'envolent à la manière d'une nouvelle saison qui s'annonce, l’horloge qui tourne sur la pommette de son visage et le sablier qui nécessite un surplus de sable de Loire pour ne pas s'arrêter.
Le sable et l’ambiance nocturne nous rappellent que nous ne sommes que poussière, de simples passagers volatiles dans notre époque, qui retourneront dans l’obscurité après un bref passage dans la lumière. Ainsi est fait le cycle de la vie.
L'histoire de Nantes présente des anachronismes où les références se mélangent ; bombardiers alliés et dirigeable de Jules Vernes, Willy Wolf plongeant dans le vide, toucans, cannes à sucres, anneaux triangulaires, bananiers, hérons cendrés et silure dans un carrelet... Les abeilles draguent les bateaux jusqu'aux Quais de la fosse, crevasse de Loire qui permettait d'amarrer les premiers rafiots et dont le nom Fosse restera.
Les constellations prennent la forme d'une bière et d'un célèbre biscuit Nantais. Ces deux références évoquent les odeurs portées par les vents d'est ou d'ouest jusque dans les immeubles des Quais de La Fosse. À l'ouest, les vents étaient chargés d'une fragrance de bière fermentée issue des brasseries des bas de Chantenay. À l'est, c'était le parfum des biscuits sortis des fours de l'usine LU qui embaumait les ruelles des quais. Les habitants de l'immeuble 53 pouvait alors connaitre la météo simplement par l'odeur qui s'engouffrait dans leurs appartements.
Les escaliers historiques comme celui de la rue Montaudouine (années 1700) reliaient les quais jusqu'aux Coteaux de la Fosse. À la manière d'Escher ces marches et passages défient le temps pour proposer aux visiteurs un voyage sans fin à travers les interstices de ce quartier emblématique Nantais.
Un grand merci pour la collaboration avec les habitants du quai de la fosse et plus particulièrement ceux de l'immeuble 53 ainsi que la ville de Nantes et les équipes de quartier.

Projet réalisé avec le studio katra
Kairos, le temps à saisir !
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