Nous avons décidé de proposer un nouveau format de dossier intitulé "  Focus sur ...", une sorte de plan fixe sur un animal saisi dans un enchaînement d'attitudes que peu de gens ont l'occasion de voir. 
Le cadrage des photos ne varie donc pas et peut, de ce fait, devenir un peu lassant mais, d'un autre côté, cela permet de figer des postures susceptibles d'intéresser les naturalistes.
Pour ce dossier, c'est le repas du Balbuzard pêcheur que nous avons choisi de vous présenter. 
Sitôt la proie capturée, ici un gardon de taille modeste, le balbuzard rejoint son perchoir habituel, toujours le même, ce qui permet au photographe de l'attendre à l'affût pour réaliser des images rares.
Les serres acérées et les doigts pourvus de bourrelets bien visibles sur la patte droite, assurent un maintien parfait du poisson. Le rapace s'installe donc commodément
et, poussé par la faim, attaque sa victime en commençant par la tête pour l'achever et s'assurer ainsi un repas plus tranquille.
Un nouveau tour d'horizon pour s'assurer que rien ne menace

et il est temps d'attaquer le plat de résistance.

L'oiseau commence d'abord par vider le gardon en enlevant les tripes qu'il ne consomme pas. C'est pourquoi pies ou corneilles sont souvent perchées en-dessous du rapace pour récupérer une part du festin.
La patte droite assure la prise du balbuzard sur la branche et la gauche maintient le poisson. C'est essentiel quand les proies, un carpeau ou un gros poisson-chat par exemple, sont beaucoup plus lourdes et se débattent longtemps.
Quand  le bec entame la découpe, la serre se relâche pour faciliter le travail.
Elle se positionne sur la queue du gardon pour que le rapace puisse déchirer des lambeaux de chair conséquents.
Pendant quelques secondes, 
la bouchée est maintenue dans le bec

puis gobée d'un coup, le bec grand-ouvert.
Avec une proie aussi réduite, le dessert arrive vite. Il ne reste q'un bout de queue 
qui sera vite englouti.
Cette attitude est fréquente à la fin du repas. Le rapace crie longuement, à pleine gorge. Est-ce un cri de satisfaction pour affirmer sa puissance ou une façon de dire que
la recherche de proie continue? 
Ce modeste gardon ne suffit pas à rassasier un oiseau de cette taille et, sitôt le premier plat achevé, le balbuzard reprend sa veille pour chercher une nouvelle cible. Son attitude est particulièrement parlante : les deux yeux sont fixes et convergent vers une nouvelle proie, aperçue sous son perchoir. 
Focus sur : Le repas du Balbuzard. Février 2018
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