Nous avons décidé de proposer un nouveau format de dossier intitulé "  Focus sur ...", une sorte de plan fixe sur un animal saisi dans un enchaînement d'attitudes que peu de gens ont l'occasion de voir. 
Le cadrage des photos ne varie donc pas et peut, de ce fait, devenir un peu lassant mais, d'un autre côté, cela permet de figer des postures susceptibles d'intéresser les naturalistes.

Pour ce dossier, c'est la toilette du Balbuzard pêcheur que nous avons choisi de vous présenter. 
A peine posé, le rapace s'ébroue puis choisit sa place pour la toilette.
Il fait, avant tout, un large tour d'horizon pour  s'assurer que l'arbre isolé sur lequel il s'est posé lui offre une sécurité parfaite.

puis entame paisiblement sa toilette de la pointe du bec en se grattant d'abord longuement l'épaule gauche,
puis le milieu du dos. Les yeux se sont totalement fermés comme s'il prenait un profond plaisir à se gratouiller au soleil
avant de revenir sur la poitrine. Les yeux sont toujours mi-clos.
Après s'être gratté de ses serres acérées,
il pivote pour frisotter les plumes du bas du dos, aidé en cela par l'extrême mobilité de la tête qui peut se tourner complètement vers l'arrière.
Il y a un contraste saisissant entre la taille du bec et la délicatesse qu'il met à redresser la plus petite barbule de duvet.
Après un nouveau coup d'oeil pour s'assurer qu'il n'y a toujours aucun danger,
l'oiseau poursuit la toilette du reste du corps, passant d'un côté à l'autre.
Ce qui frappe dans le soin apporté à l'entretien du plumage, c'est la lenteur et
l'insistance de chaque geste. L'observateur a l'impression que, pour l'oiseau, au-delà de la nécessité, il y a une forme de bien-être et même de plaisir dans ce travail.
Par moments, l'oiseau s'interrompt pour s'ébrouer vigoureusement, comme s'il voulait remettre chaque plume à sa place.
Il se gratte aussi avec d'infinies précautions comme s'il se méfiait de ses serres acérées,
puis, face au soleil, reprend paisiblement sa toilette en terminant,

les yeux toujours fermés, par le devant du corps.
Un long étirement des ailes, sur un seul pied, marque la fin de la toilette.
 Le balbuzard reprend son poste de guet et il crie longuement sa faim. Soudain, sa tête se met à osciller très rapidement de droite à gauche. C'est signe qu'il a repéré une proie potentielle.
Son cou s'allonge encore, ses yeux paraissent de plus en plus perçants. En fait, il est en train de faire le net sur sa cible afin d'assurer, autant que faire se peut, la réussite de son attaque.
C'est parti ! Il entame une longue glissade qui devrait l'amener droit sur sa cible.
Focus sur : La toilette du Balbuzard pêcheur. 2018
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