Le début de l'été est un mois béni pour ceux qui aiment les cervidés. La chasse fermée, les animaux sont moins perturbés et ne pensent qu'à profiter de tout ce que leur offre la nature.

Les cerfs sont encore en velours pour quelques jours et ne craignent pas de sortir à découvert dans les zones tranquilles dès la tombée du soir.

Ils n'ont qu'un souci : aller voir si l'herbe n'est pas meilleure dans la pâture d'à côté et ce ne sont pas les clôtures qui les gênent.
Les biches sont suitées et les faons ne les quittent pas d'un pouce.
Les jeunes mâles, en velours eux aussi, découvrent la liberté et se hasardent seuls dans les près.
Un beau daguet d'avenir qui a de quoi manger tout son soûl pour accompagner la montée de ses bois. Il a tout l'avenir devant lui. A revoir dans trois ans si les hommes lui prêtent vie.
 C'est le moment où l'on voit les animaux vivre leur vie comme s'ils étaient seuls. Les biches surveillent leur faon jalousement
et ne les poussent du museau pour sortir à découvert que lorsqu'elles sont assurées qu'aucun danger ne les menace.


Les milans royaux planent sans hâte à la recherche d'un surmulot imprudent,

pendant que le circaète trace ses orbes à la recherche des lézards et des serpents que la chaleur rend plus actifs.

Si le survol est infructueux, il prend l'affût à la pointe d'un sapin et malheur au reptile
qui sortira à découvert car cet oiseau a une vue perçante.
La vie éclate dans le moindre buisson, ici un bouvreuil pivoine aux coloris étincelants,
là, un bruant jaune qui s'ébroue après une longue toilette
et nous offre, perché sur son barbelé, toute les nuances de son plumage nuptial.
Cette chevrette a laissé ses deux faons blottis dans l'herbe haute et choisit avec gourmandise les éléments de son repas pour pouvoir donner à ses petits le lait qu'ils consomment encore en abondance.
 Ce mâle de cigale, qui se confond si bien avec les lichens de ce tronc, rythme de son chant strident les après-midi d'été afin d'essayer d'attirer une femelle. S'il y parvient, la larve née de cette union passera deux ans de vie souterraine avant de se transformer en adulte lors de sa dernière mue.
L'occasion fait le larron ! Placée devant l'affût dans l'espoir d'attirer une buse, cette pie, victime d'une voiture, a attiré l'attention d'un crécerelle qui va en faire son souper.
Fin août, la migration est déjà bien avancée et, depuis plusieurs années, on voit des oiseaux inconnus auparavant, comme ce rollier immature.
Il va faire étape chez nous quelques jours : les sauterelles sont abondantes et la température chaude. Il ne reprendra sa route que début septembre.
Au marais, à la même époque, avec une présence régulière à l'affût, on peut voir des oiseaux peu communs chez nous.

C'est le cas de ce jeune héron crabier qui, avant de poursuivre son voyage, fait un festin de jeunes grenouilles qu'il chasse avec lenteur et une extrême efficacité.
Les jours maigres, il reste quand même l'avifaune habituelle qui offre l'occasion d'images en vol spectaculaires.
Mais la vraie star de septembre, c'est lui, le balbuzard pêcheur, si beau quand il s'ébroue après une attaque manquée.
Nous le guettons tous les ans et il se fait souvent attendre. Mais quand on le voit se poser, pour la première fois de l'automne, sur son perchoir habituel, c'est toujours un moment magique.
Il faut beaucoup de patience pour faire ces images. Il faut aussi que la lumière soit avec nous, que l'oiseau s'arrête deux ou trois jours pour multiplier les chances,
Mais quelle récompense quand on a cette scène dans le viseur et qu'on appuie en étant sûr que "ça y est, il est dans la boite ! "
Il y a aussi des miracles pour les animaliers. Le putois, animal nocturne, est pratiquement impossible à faire en lumière naturelle. En remuant un tas de bois pour l'hiver, nous avons dérangé un jeune ce qui nous a permis, en continuant à travailler,
et après avoir pris un boitier, d'assurer ces deux images d'un adulte qui illustrent bien la
 façon de courir de cet animal.
Octobre, c'est le brame du cerf, un rendez-vous incontournable, qui nous offre chaque automne des images rares comme ce faon de l'année qui se souille pour se protéger des insectes
ou cette scène de quiétude familiale, bichette et faon dans la souille, sous la surveillance de la biche meneuse et du vieux cerf.
Et que dire de la beauté et de la prestance de cet animal encore jeune qui vient défier le maître de place pour essayer de prendre part au rut...
ou de cette saillie si rarement photographiée de jour et qui aura été, cette année, le point d'orgue de notre séjour.
A côté, les petits passereaux qui défilent chez nous à cette saison, peuvent paraître insignifiants mais ils sont une autre face de la richesse de la nature.
Qui oserait nier que cette mésange nonnette est une petite merveille

tout comme ces mésanges à longue queue, si vives qu'il est rare de pouvoir
faire plus d'une image d'affilée de ces petits bijoux, 
ou cette fauvette mélanocéphale 

ou encore ce pouillot véloce qui, pour être communs, n'en sont pas moins beaux.
Ce sont nos amis Cathy Kubrick et Michel Idre qui nous ont ouvert les yeux sur cet aspect du monde des oiseaux. Si ces images vous ont plu, allez voir les leurs sur Flickr, 
( cathyk31 et michel Idre ) vous ne serez pas déçus.
Autres seigneurs de l'hiver, les grand-ducs nous occupent beaucoup à cette saison. Quand on croit bien les connaître, on découvre, année après année, que c'est loin d'être le cas.

Si nous avions un message à faire passer aux amoureux de nature, c'est qu'ils sont visibles de jour

à condition d'être très prudents, de savoir rester loin et de maîtriser parfaitement leur territoire.
 Et pour les jours de pluie et sans lumière, ayez une mangeoire régulièrement approvisionnée et amusez vous avec des flashs manuels et sans barrière.

Il faut attraper le coup mais on y passe de bons moments. Cette sittelle torchepot en est la preuve et, ce faisant, on apprend beaucoup de choses très utiles pour des utilisations des flashs plus pointues.
Les bons moments 2017 ( Juin à Décembre )
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