Les oiseaux se regroupent par centaines pour dormir dans les "bassines",sorte de petits lacs, vestiges de l'exploitation de l'ancienne mine de lignite d'Arjuzanx. Les pieds dans l'eau, les grues sont ainsi à l'abri des prédateurs.
Le jour pointe à peine que les premiers oiseaux décollent déjà.  
Après un tour des lacs pour prendre le vent, les oiseaux s'organisent en petits groupes pour se rendre au gagnage
Petit à petit, les dortoirs sont moins garnis. Avec l'arrivée des premiers rayons du soleil, le mouvement s'accélère.
Les vols succèdent aux vols,
Et c'est un défilé continu
de groupes de plus en plus denses bien qu'il reste encore de nombreux oiseaux posés.
Les retardataires tentent de rejoindre un groupe constitué et, quand on est à l'observatoire photo, c'est l'occasion de faire quelques gros plans en étant à la hauteur des oiseaux.
C'est aussi le moment de percevoir de près toute la puissance et l'équilibre qui émanent d'une grue en vol.
Sur un petit banc de sable, les plus paresseux ou les moins affamés se livrent à une toilette tranquille sous le soleil qui commence à monter.
Les uns après les autres, les oiseaux s'envolent par petits paquets avec, au décollage, une sorte de marche sur l'eau avant de s'arracher au sol.
Il ne reste que quelques oiseaux sur la langue de sable et les départs s'accélèrent.
Dès le décollage, le groupe s'organise pour faire les 15 ou 20 killomètres qui le séparent des champs de maïs où les oiseaux vont pouvoir glaner les épis tombés lors de la récolte.
L'arrière plan, quasi désert, montre bien que presque toutes les grues ont déjà quitté les dortoirs.
Sur le chemin des grands champs de maïs où elles vont glaner, les grues prennent de la hauteur pour faire les quelques kilomètres qui les séparent de leur destination.
A l'approche du terme de leur petit voyage, elles perdent progressivement de l'altitude.
Quelques grues posées au sol suffisent à attirer les oiseaux en vol. Ils tournent au-dessus du champ et la préparation à la pose donne l'occasion d'images spectaculaires.
 
Par temps de brouillard, les oiseaux surgissent de la brume comme des fantômes
Ailes grandes ouvertes, tête et cou en avant pour s'équilibrer , pattes projetées vers le sol, la pose est toujours esthétique.
A la prise de contact avec le sol, l'oiseau court souvent sur quelques mètres , ailes dressées, avant de s'immobiliser.
La recherche de nourriture - essentiellement des grains de maïs tombés des moissonneuses - est la première occupation des oiseaux dès qu'ils sont au sol.
La cellule de base est la famille avec les deux parents encadrant le jeune de l'année. 
Au fur et à mesure des arrivées, les oiseaux se regroupent.
Toujours la trilogie classique avec les deux parents et leur jeune de l'année.
On a l'impression que les jeunes restent toujours en compagnie d'un adulte ou sous sa surveillance
Plan serré d'une grue adulte: le bec fort pour fouiller le sol à la recherche des grains de maïs, nuque blanche, masque gris foncé et tache de peau rouge sur le sommet de la tête, livrée d'ensemble gris cendrée, il n'y a pas d'erreur possible.
Quelques instants pour s'assurer qu'aucun danger ne menace et la recherche du repas peut commencer
Les grues se déplacent lentement à la recherche de leur repas.
Les oiseaux isolés sont moins farouches que les vols importants et facilitent  la réalisation de portraits intéressants à condition d'avoir un gros télé et de savoir rester immobile dans sa voiture.
Une grue qui se déplace paisiblement 
ou des oiseaux en train de manger tranquillement sont le signe qu'i n'y a pas de dérangement
Ces phases de recherche de la nourriture sont aussi un moment d'observation privilégiée du comportement.
Si les oiseaux s'éloignent de vous, c'est que le véhicule les perturbe. Laissez-les s'écarter sans réagir. Quand ils se remettront à manger c'est qu'ils auront rétabli leur distance de sécurité.
Un jeune de l'année en gros plan. La tête est déjà celle des parents mais le plumage est beaucoup plus terne
Portrait en pied d'un jeune. On perçoit bien la différence de couleur avec le plumage des adultes.
Sous un grain, l'oiseau - ici un jeune - supporte stoïquement les abats d'eau, protégé par son plumage épais sur lequel l'eau ruisselle.
Le soleil revenu, le jeune s'ébroue vigoureusement pour se sécher plus vite.
Un adulte avec deux jeunes. Peut-être le couple a-t-il réussi à mener deux petits à l'envol.
Les phases de recherche de nourriture sont entrecoupées de longs moments où l'oiseau prend soin de son plumage.
Grâce à leur long cou, les grues peuvent atteindre toutes les parties du corps pour l'entretien de leur plumage.
Quand on observe longuement une grue qui se toilette, on se rend compte que c'est, 
en fait,une véritable revue de détail.
Tête en l'air,
Tête en bas
Sur le dos,
Le cou complètement tordu,
Sur les côtés,
Trois  attitudes caractéristiques en une seule image : à gauche on se toilette, au milieu on s'étire  et à droite on se secoue pour se sécher après l'ondée.
Ce doit être ce que l'on appelle " faire le pied de grue ".
Les grands battements d'ailes sans raison apparente sont fréquents et semblent correspondre à un besoin de se détendre.
Parfois les battements sont si forts que l'oiseau décolle du sol comme il le fera au moment des parades.
Quand on observe longuement, on se rend compte que l'oiseau qui reste souvent longtemps immobile, a besoin, de temps en temps, de se dégourdir le corps.
Attitude classique après la toilette: l'oiseau reste longuement immobile comme s'il prenait un moment de repos.
De plus en plus fort, sur une patte et une aile étirée!
Là, c'est un grand classique mais cela reste bien beau quand même.
Attiré par les cris d'un vol qui passe en trompettant, cet isolé va rejoindre ses congénères. Toujours beaucoup d'équilibre à l'envol.
Ces oiseaux se déplacent pendant la journée, à la recherche d'un endroit convenable pour se nourrir.
Dès qu'ils ont pris contact par leurs cris avec des oiseaux en train de glaner, ils entament les manoeuvres de pose, se laissant descendre rapidement comme des parachutistes.
 
Les oiseaux se freinent fort sur les derniers mètres et vont se poser 
 
parmi  leurs congénères.
Chacun part de son côté à la recherche de sa pitance.
Ou s'occupe selon son bon plaisir.
Quand l'époque de la migration de retour s'approche, les oiseaux se montrent plus susceptibles. Les cris en trompette annoncent des accrochages.
Le ton monte vite et va de pair avec les attitudes de provocation ,cou allongé et cris en trompette de plus en plus forts.
Et on finit, bien sûr, par en venir aux mains, si l'on peut dire..
Mais tout se calme bien vite et la toilette peut reprendre sereinement.
La joie de vivre: les jeunes par moment semblent laisser exploser leur trop-plein de vigueur dans ces danses subites et imprévisibles pour l'observateur.
Les adultes aussi laissent éclater leur force dans une explosion d'activité inattendue. Cet oiseau était seul et ce ne pouvait être une manifestation d'agressivité.
 
Attitude trés caractéristique qui correspond à un étirement: patte et aile étendues d'un même côté, puis même mouvement de l'autre.Tous les oiseaux posés ont ce même geste pour se détendre.
Geste courant aussi: l'oiseau se secoue de la tête aux pieds comme s'il voulait remettre en place son plumage après l'avoir soigneusement entretenu de la pointe du bec.
Quand le soleil avec le soir s'abaisse à l'horizon, les premières grues prennent le chemin des dortoirs vers la réserve d'Arjuzanx
La lumière du soir donne une ambiance un peu magique à ces premiers départs vers les dortoirs.
En tout petit nombre
 
ou en ombres chinoises plus nombreuses qui glissent sur le couchant de feu, le défilé s'accélère.
Quand il a beaucoup plu, souvent vers la fin janvier, il arrive que les oiseaux dorment dans les champs si les flaques d'eau sont assez étendues pour garantir leur sécurité contre les prédateurs.
Les retardataires se hâtent vers le coucher avec le soir qui tombe.
Précédés de cris puissants qui les annoncent avant qu'on ne les aperçoive, des vols en V de plus en plus importants sillonnent le ciel.
On a parfois des lumières improbables où l'on a du mal à voir les oiseaux tellement ils ont hauts et tellement le ciel éclate de couleur
Un dernier vol avant la fin du spectacle dans un ciel d'apocalypse, une incitation de plus à revenir le plus vite possible jouir de ce cadeau de la nature.
Grues à Arjuzanx ( Landes )
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Grues à Arjuzanx ( Landes )

Un condensé de quelques jours passés à observer l'hivernage des grues cendrées autour d'Arjuzanx et matinée à l'affût photo de la Réserve.
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