TRAITE DE L'IDIOTIE CONTEMPORAINE
TRAITÉ DE L'IDIOTIE
CONTEMPORAINE
      Jean-Claude Carrière disait: «La bêtise est indispensable à notre vie, on ne l’étudie pas assez. L’immense majorité de la production humaine a toujours été stupide». Ptolémée, astronome et astrologue grec, assurait à son entourage une terre plate, par manque de connaissances scientifiques développées que bien plus tard.
      Aujourd’hui, les médias apportent une telle masse d’informations, que l’Individu ne peut toutes les connaître. De plus, depuis internet, chaque information a sa contre-information. L’Individu se retrouve alors face à un choix. Celui de choisir sa source. Une personne éduquée peut aisément faire ce choix en confrontant les sources. Mais une jeune personne n’est pas protégée contre le mensonge. Une récente étude de l’Université de Columbia a démontré que Google News, en une journée, offrait aux internautes plus de 14 000 articles qui ne recouvrent en réalité que 24 sujets. Umberto Eco dit notamment dans un interview: «Internet c’est l’encyclopédie totale mais sans filtrage». Mon projet personnel ne tend pas à démontrer la vérité, ni comment choisir ses sources. Il tire juste un constat de la situation médiatique dans laquelle nous sommes enfermés et ne pouvons sortir.
   De nos jours, l'information est partout. Chacun, possède donc ses propres méthodes de renseignement. Certains écoutent leur émission favorite, d'autres lisent les quotidiens, regardent les journaux télévisés, tout cela ajouté souvent à une quête de l'information sur internet. Sur chaque média, on retrouve donc les mêmes informations adaptées à une forme bien particulière. Grâce à internet, et les réseaux sociaux, l'Individu a pris une place importante dans la transmission d'informations, notamment grâce aux réseaux sociaux tel que Tweeter ou facebook. Mais sur la toile se trouve également de nombreux blogs spécifiques consacrés à transmettre un savoir ("le journal d'un avocat", "secret défense"). L'Individu qui veut se renseigner prend alors les informations, chez ses proches, ou des personnes qui lui inspirent confiance. L'information est donc relayée, donnée, réécrite, transmise, publiée, partagée. Plusieurs problèmes surgissent alors. Dans un premier temps, la surabondance de l'information qui crée un ressassement des nouvelles. À la télévision par exemple, où l'on peut retrouver sur chaque chaîne, les mêmes images traitant des même sujets. On remonte ainsi les même images de la même façon. On retrouve les même titre. De même pour les personnes qui transmettent l'information au titre d'Individu, d'ami ou de leader. L'individu où la structure transmettant l'information utilise alors de moins en moins un journalisme de terrain, pour accomplir un travail de retranscription, de traduction ou de reformulation. Ce qui n'est sans nous rappeler le travail du scribe dont "l'activité consiste à écrire à la main des textes administratifs, religieux et juridiques ou des documents privés, et à en faire des copies. Il peut alors être assimilé à un copiste ou à un écrivain public." (Wikipédia)
   Le problème peut alors devenir un problème de traduction, de faute de compréhension. De plus l'information étant produite et reproduite dans une mise en abyme infinie, la source est alors perdue. La seule façon alors de justifier une information sans même connaître la source de celle-ci est d'observer sa présence sur la toile. Plus une information sera présente, plus celle-ci sera crédible. L'information n'est donc plus vérifiable et peut donner lieu a de grossières erreurs. On peut alors assister à de la grossière désinformation voire de l'atteinte à l'image.

   Prenons le cas de David Hirschmann, étudiant en derniere année à HEC. Après un échec à la suite d'une recherche d'emploi, une discussion musclée par mail apparaît entre lui même et une jeune femme de la même promotion. L'affaire explose, sont transmis des mails de nombreuses multi-nationales et de grand cabinet qui le prient de se faire oublier. Le problème étant bien sur, la réalité de cette histoire. David H. confirme n'avoir jamais envoyé de mail insultant. Toute la presse s'empare alors de ce premier cas de cyberlooser. Mais les faux communiqués et sites se multiplient. David H. aurait disparu, les communiqués des multi-nationales seraient faux. Tantot D. se serait réconcilié puis marié avec son interlocutrice, serait mort, sa tombe profanée, serait victime d'un complot opéré par Microsoft, voire n'aurait jamais existé. Nous retrouvons alors le problème d'une tapisserie monumentale de document dans lesquels il est impossible de se frayer un chemin.

   Enfin, dans cette masse d'information gigantesque surgit le danger du copier-coller, forçant l'Individu a ne plus réfléchir de lui-même. Il peut aisément trouver n'importe quel document, mieux écrit qu'il ne l'aurait jamais écrit et transmis par une personne qui semble bien s'y connaître. Il ne pense plus que par substitution.
Photocopie d'une photocopie.
   Depuis l'arrivée d'Internet, l'information est devenu infinie. En plus de l'accessibilité et de la gratuité, on assiste à une vraie auberge espagnole de l'information. Mais la nouvelle donnée essentielle de cette nouvelle information est la vitesse. Tout doit être plus court, aller plus vite. Le recul, le temps et la profondeur deviennent alors un luxe. Qui sera le premier à en parler, qui aura le scoop? Enfin qui transmettra l'information le premier et dans les délais les plus brefs. Au rang de la presse internationale comme au rang de l'Individu (pour ses amis), plus personne n'a le temps de chercher où l'information est née. La source n'a plus vraiment d'importance, nous n'avons plus le temps. L'exclusivité prime. La vitesse est maintenant celle d'internet, celle de la lumière. Virilio souligne notamment dans plusieurs de ses essais, cette "soif" de rapidité. Un nouveau rapport au réel est né. Celui d'une vitesse sans cesse augmentée. N'importe qui peut être partout à la fois, grâce notamment à la nouvelle génération des portables 3G. Qui permettent d'être connecté en permanence au monde entier, l'Individu n'est plus fixé en un point, il peut accéder à n'importe quelle information diffusée depuis n'importe quel endroit du globe. Nous voulons toujours aller plus vite, plus rapidement, si bien que la vitesse est devenue elle même le "symbole de l'innovation". Nous fonctionnons maintenant dans l'immédiat. Le temps devient un ennemi.

Le cas DSK par exemple a été révélé sur tweeter, par l'ami d'un internaute l'ayant aperçu se faire arrêter.
Celui ci publiant immédiatement la nouvelle sur son profil.

"@j-pinet: 22h59
un pote aux États Unis vient de me rapporter que #DSK aurait été arreté par la police dans un hôtel à NYC il y a une heure." Relayé bien entendu plusieurs milliers de fois. La réponse d'un de ses followers ne se fait pas attendre.
@arnauddassier: 23h14
Apparemment #DSK à NY c'est du très très lourd.
L'information fait alors le tour du monde en seulement une heure avant que la presse ne s'empare de la news.

Mais le complexe va encore plus loin puisque nous essayons même d'aller plus vite que l'instantanée avec les sondages. Qui même approximatif voire faux nous donne une impression d'anticipation afin d'avoir de l'avance même sur notre avenir. Nous donner l'impression de ne pas être en retard dans un monde où tout avance plus vite que n'importe quel transport.

Dans tout cet empressement que nous reste-t-il? Encore une fois, une information instantanée dont la source n'a plus aucune importance et donc dont la validité est en péril. La pertinence de la donnée n'est plus un facteur essentiel face à l'empressement du tout, tout de suite.
Que nous reste-t-il donc? Beaucoup d'informations. Énormément d'informations. Une rapidité du savoir infinie accessible à tous et gratuite. Mais non seulement celle-ci perd le lecteur au sein d'une multitude de confrontations et de données inimaginable, mais surtout elle perd une donnée capitale celle de la source première. Celle là même qui nous permet de nous assurer que des propos ou informations sont justes, ou pas. Si une personne cultivée peut s'en sortir en remontant avec peine jusqu'au différentes sources issues de différentes informations afin de les confronter. Une personne "faible" ou peu éduquée sera alors perdue. En qui doit-il croire? connaît-il les dangers auxquels il est exposé? Les enjeux? Celle-ci peut-elle d'elle même transmettre ces faux jugements et impressions grâce à ce nouveau réseau qu'est Internet?
Sources & Références: Jean-Claude Carrière, Umberto Eco, Paul Virilio, Wikipédia, Twitter.
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Projet personnel 2011
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