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Bēhance

Maquisards urbains

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  • MAQUISARDS URBAINS
     
    C’est une démarche qui propose une prise de conscience par un double regard artistique.
     

    Une représentation picturale in situ
     
    Le Street art, par le collage de silhouettes tailles réelles in situ, permet d’imaginer la fin du périple des migrants, avant la montée espérée, à bord des ferries. Cela permet de rendre visible dans la rue, une réalité humaine nocturne cachée. Le collage sur la zone portuaire permet de mettre en parallèle, les conditions de « voyage » des migrants actuels et celles des migrants des siècles passés.
     
     

    Une captation photographique qui témoigne 
     
    La photographie permet une vision d’ensemble et replace ces silhouettes furtives, dans ce contexte hostile. Le parti-pris, proche du reportage de presse, témoigne de cette actualité tragique, sans cesse renouvelée. Le choix de la photographie argentique noir et blanc, donne force et corps à un sujetlui-même fort, comme celui des migrants. L’ « écriture » du photographe et son intuition à mettre tout son savoir au service de ce sujet, rendant possible une exposition artistique tout public.
  • CREDITS
    Pierre BURNEL
    Norbert HARDYMargaret BONISSENT


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  • Exposition en cours de préparation.
    La rue, théâtre à ciel ouvert, témoigne autant de la tragédie humaine, que du courage des hommes. La nuit venue, des maquisards urbains, se faufilent, se cachent, se recroquevillent, s’imbriquent dans ce décor portuaire. Ils ne sont pas les bienvenus, ils le savent. Apatrides par la force des mots et des armes, ils ont erré longtemps pour gagner Cherbourg ; chèrement ! Port de transit, terre d’espérance, c’est un sésame pour des jours meilleurs qu’ils viennent chercher ici et pourtant… Ces hommes que l’Histoire a mis à l’épreuve, ne se résignent pas à perdre leur idéal : la Liberté. La détermination, le point de non-retour aussi, au prix d’un dépassement de soi quasi inimaginable. C’est cette réalité-là, que nous n’avons pas vu, mais voulu rendre visible. Car le seul fait de marcher dans cette zone portuaire, suffit à faire courir l’imaginaire. Panneaux, barbelés, caméras comme autant de stigmates, tranchant avec le bleu des flots. Il se dégage une impression, une pression même, d’être sur un terrain où des hommes ont pu « jouer » leur vie, leur destin la veille. Des silhouettes peintes, contraintes par les lieux, mais toujours en mouvement, pour des hommes qui veulent rester acteurs de leur destin. Des silhouettes qui s’accrochent à ce petit bout de terre, dernier maillon de tant de chemins parcourus. Certaines partiront, certaines resteront un peu, beaucoup… Des silhouettes de papier, fugaces, que le temps viendra altérer, mais qui laisseront une trace du passage de ces hommes discrets. Notre démarche donne à ressentir plus qu’à voir. C’est un regard, plus qu’un témoignage. Parce qu’il n’y aura pas d’hôtels construits pour eux, ni de salle pour des bagages qu’ils n’ont pas. La rue montre la trace de ces hommes de passage, qui imprègnent une ville et en font son identité, aujourd’hui comme hier. 

    Textes de Margaret Bonissent