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Bēhance

  • Luis Jorge Borges
    Experimentation sur la matérialité du livre


  • MANIFESTE
    5.8

    Dans la société contemporaine, il n'est pas rare de voir le livre comme un simple outil servant au transport de l'information, voire même de l'associer à un médium archaïque; son rôle dépassant de moins en moins le stade nécessaire du support de l'œuvre littéraire. Pourtant, sa matérialité, sa polyvalence, sa versatilité, son format et, surtout, sa communion avec le lecteur en font un médium de choix pour les créateurs graphiques. Encore trop peu exploitée, l'espace expérimentale qu'est le livre permet la création de dispositifs matériels novateurs qui viendront élargir le concept global et modifieront la perception erronée dont il est victime. L'essentiel est de provoquer une expérience tactile et émotionnelle qui ajoutera, se substituera, au contenu traditionnel; le livre doit devenir une œuvre hybride, entre l'objet d'art et le support littéraire. 

    Mais où se trouve la limite? À quel point la structure traditionnelle du livre peut-elle être transgressée, sans dénaturaliser l'objet? Quels sont les éléments essentiels qui nous font accepter l'apposition du terme livre à un objet? Selon le petit Larousse, un livre est tout simplement un «assemblage de feuilles en nombre plus ou moins élevé portant des signes destinés à être lus». Selon Jorge Luis Borges, «il suffit qu'un livre soit concevable pour qu'il existe. Ce qui est impossible est seul exclu», La Bibliothèque de Babel, 1941. Ainsi, l'œuvre-livre ne semble posséder comme frontière que le potentiel créateur de l'artiste; le concept du livre est infini. 

    L'objectif ultime sera de créer un accord parfait entre le contenu et le contenant; développer un dialogue cohérent entre les diverses composantes de l'objet-livre, afin de produire Le livre. La notion d'expérience du lecteur joue un rôle crucial dans l'appréciation que ce dernier aura de l'objet. L'idée est de lui faire prendre part au processus créatif en l'impliquant émotivement. Il faut obliger l'observateur à devenir participant, à s'engager, à accepter de faire parti de l'œuvre en posant des gestes qui viendront inévitablement altérer l'objet. Cette part de responsabilité modifie incontestablement le rapport à l'object. Ainsi, le participant est amené à s'interroger sur ses actes au fur et à mesure qu'il les pose.

    Il faut un certain courage pour s'investir dans un livre. Afin d'apprécier pleinement ce qu'il nous offre, il faut être prêt à y mettre de soi. La structure inhabituelle de ce livre aspire à provoquer cette rencontre avec le lecteur. La reliure cousue, qui rend impossible l'ouverture du l'œuvre, vise à être enlevée dans un geste d'appropriation de l'objet. L'altération de la structure même de l'objet rend l'expérience éphémère et d'autant plus intense pour le participant. C'est à travers des pistes de réflexion, une narration non-linéaire et une navigation ouverte que le lecteur est propulsé dans un univers donné tout en étant laissé libre de composer un parcours qui lui est propre, de créer une expérience-livre unique.

    Projet Scolaire réalisé à l'UQAM
    Supervisé par Judith Poirier

  • JORGE LUIS BORGES
    Experiment on the materiality of the book

    Create a perfect harmony between content and container, a dialogue between 
    all partsof the book as object. The emphasis is on the notion of the reader’s 
    experience. The goal is to have it participate in the creative process by 
    requiring him to move fromobserver to participant. It forces them to adopt 
    and agree to take actions that willinevitably alter the work. This responsibility changes the report he faces the object.

    The unusual structure of my book aims to cause emotional encounter with the reader.The sewn binding makes it impossible to open the book and is to be removed 
    in a gesture of appropriation of the object. The alteration of the structure makes the experience intense and ephemeral for the participant. Thereafter it is through food for thought, a non-linear narration and navigation open that I’ve tried to propel the reader on a given universe, but leaving it free to compose a path of 
    its own.

    Food for thought
    « Understood that the concept of the book is infinite, the search for the perfect book is as much; only remains to define infinity and eliminating everything else. »
    « And if the key to perfect work was in the unique experience of the materiality of the book rather than its content? And if the form took precedence over function? And if all this time we were doing wrong? »

    School Project, UQAM
    Supervised by Judith Poirier