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2009 PFE I “B17 BERLIN VOIDS PROJECTS I

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  • "B17 BERLIN VOIDS PROJECTS"
    Stratégie du vide Berlinois
  • Projet De Fin d'études réalisé avec Arnaud Backer
  • B17.
    Les bombardements massifs des raids aériens vers la fin de la seconde guerre mondiale ont traumatisé les habitants de Berlin, jadis capitale culturelle à la vie bouillonnante, devenue ruines et décombres. Les années qui suivirent furent celles de la guerre froide et de la division, d’une ville partagée entre deux secteurs, le secteur ouest gouverné par les Alliés à l’ouest et celui des Soviets à l’est.
    Cette séparation eut pour principale conséquence un développement 'schizophrénique' de la ville. A l’ouest, l’urbanisme général ne fut pas modifié. La politique conservatrice des gouvernements d’Allemagne Fédérale, ou 'politique du rebouchage', amena à une reconstruction sous l’égide de la conservation des anciens tracés viaires et des ilots traditionnels. A l’est, l’idéologie politique socialo-communiste se familiarisa avec un urbanisme plus monumental, cherchant le renouveau dans des formes urbaines du style international et de la charte d’Athènes.

  • Palimpseste.
    Mais l’héritage urbain post guerre froide le plus significatif est le grand nombre d’immeubles vétustes en partie en ruine, les terrains vagues et vastes étendues de friches urbaines en plein centre ville.
    Dans le cadre d’une période d’augmentation sans précédent de la pression foncière, ces espaces deviennent un véritable enjeu pour le développement futur de la ville, notamment en matière de densification afin de contrer l’étalement urbain, grand consommateur d’espaces naturels.
    La question des vides dans la ville a été jusque là traitée de deux façons : suivant une volonté lucrative, la ville et les entrepreneurs les ont 'rempli' les uns après les autres. Une volonté plus 'sensible', émanant des habitants et de leurs usages quotidiens, a fait de ces vides une composante à part entière de la structure de la ville. Ainsi, les différentes propositions architecturales jusque là appliquées peuvent apparaître comme un contre exemple.
    Clef d’entrée de notre démarche, le plan des bombardements est donc ce palimpseste qui nous montre qu’un autre urbanisme est possible, en infléchissant et en adaptant ce qui existe.
  • Process.
    Le plan des bombardements nous a permis de mettre en exergue les zones les plus bombardées du centre historique de Berlin, correspondant aux quartiers de Mitte et Prenzlauer Berg. Les bombardements y ont 'ouvert' la forme traditionnelle de l’ilot berlinois, obligeant à questionner le thème de la reconstruction de manière plus pertinente car globale, ce qui nous a permis de développer une stratégie nouvelle du vide adapté au local.
    Ces zones au sein desquelles nous avons répertorié les vides qui ont été ou qui ne sont toujours pas reconstruits nous ont permis de définir des séquences 'brutes' par l’assemblage de ces vides en réseau.
    Dans un second temps, nous superposons à ces séquences brutes des données contextuelles telles les polarités de transports, les programmes publics et privés, le type de population, autant d’éléments composant un filtre. Se dessinent alors des 'cohérences de parcours' qui vont former une nouvelle maille se superposant à la maille existante : une maille amorcée par l’histoire, définie par l’aléatoire.
    Nous avons alors défini trois parcours au sein de Mitte et Prenzlauer Berg.
  • Bestiaire Architectural.
    Prendre comme point de départ le vide est chose aisée. Travailler le vide l’est moins. Le conserver relève de l‘épreuve de force.
    Ce triptyque confronte l’architecte aux enjeux fonciers inhérent à toute capitale. Comment réussir à conserver ces vides face à une pression foncière grandissante ? Une solution pourrait consister à effectivement densifier la ville de manière importante mais à des endroits très précis. Au lieu de massifier l’espace vide, nous avons donc essayé de le délimiter ponctuellement, pour mieux le magnifier par endroits et le conserver par ailleurs.
    Les zones densifiées ont été choisies lors du processus de superposition, à proximité des polarités, en entrée de parcours, de façon à mieux marquer ceux-ci dans le chaos urbain. Ces densifications, partant sur une base vierge, doivent nécessairement s’appuyer sur davantage de méthode.
    Les bombardements ont généré différentes constantes partagées par tous ces vides que nous avons donc classées en catégories dans un glossaire : structure formelle de l’ilot, pignon, investissement libre, végétation naissante... Ces 'constantes' sont autant de manières de créer une hybridation au sein des ilots morcelés, de les 'activer' par des interventions architecturales qui joueront un rôle attractif à l’échelle locale.
    Trois expérimentations ont alors été mises en place sur trois sites différents, véritables réponses aux différentes configurations des 'parcours du vide' : forte densité en entrée de parcours, densité moyenne et densité zéro.
  • Trilogie

    Prater Garten (option 1 'Forte densité') /
    'on the side wall'

    La porosité issue des bombardements nous permet de réinterpréter dans cette friche du quartier le plus dense de Berlin la notion de 'höf'. En prolongeant les vides et en bâtissant sur les pignons, nous générons ainsi une forme hybride. Celle-ci permet de développer des programmes diversifiés et denses autour de thèmes tels la mutualisation des espaces, les parcours publics en coeur d’ilot ou encore les liens publics privés au sein d’une même entité architecturale.
  • Trilogie
    Schendel Park (option 2 'Densité moyenne') /
    'around the side wall'

    Sur un îlot morcelé de part en part, le projet va a contrario de l’option 1 en s’organisant autour des pignons existants qui deviennent les créateurs d’espaces publics en trois dimensions et un support à part entière du projet. L’architecture vient ici délimiter pour renforcer le vide et le contraste se fait entre faible densité sur rue, très forte densité verticale en coeur d’ilot et connexions publiques dans la trame verticale.

  • Trilogie
    Kunsthaus Tacheles (option trois 'Densité zéro') /
    'the side wall as architectural structure of void'

    La Kunsthaus Tacheles, en bordure de l’ancienne dépravée Friedrichstrasse si chère à Dix et Grosz et son contexte environnant, catalogue de pignons avec vue sur terrain vague, est devenu comme l’affirmait Aloïs Riegl, un monument "non institutionnel". Le degré zéro de la densité s’exprime là par une conservation du vide sous sa forme actuelle, avec une intervention minimum (réaménagement de la surface) permettant de conférer au vide son rôle d’espace public monumental au coeur de la ville. Le néant redevient alors architecture.
  • ©Arnaud Backer & Romain De Santis